Suivi sanitaire des chiens merle : BAER et yeux
Dépistage auditif BAER, examen oculaire et soins de mise bas chez les chiens merle : repères concrets pour éleveurs et adoptants.
Par La rédaction chiensource · Mis à jour le 16 septembre 2026
Le suivi sanitaire d’un chien merle repose sur deux examens précoces et distincts : le dépistage auditif par la méthode BAER, qui mesure la réponse du nerf auditif, et l’examen oculaire, qui recherche les anomalies de l’œil liées à la robe. Ces deux examens se réalisent tôt, souvent avant la vente ou l’adoption, et leurs résultats doivent être conservés par écrit. La mise bas d’une chienne merle demande par ailleurs une surveillance de chaque chiot, car l’audition et la vision ne se vérifient pas à l’œil nu.
Pourquoi les chiens merle sont-ils concernés par ces examens ?
La robe merle est liée à une variante du gène SILV PMEL17. Selon la longueur des allèles portés, le chien peut être merle, merle cryptique, ou porteur de deux copies de la variante, ce que l’on appelle un double merle. Cette configuration augmente le risque de surdité et de troubles oculaires. Le risque n’est pas une fatalité : il dépend de la combinaison génétique des deux parents. C’est pourquoi les protocoles d’élevage insistent sur l’accouplement d’un chien merle avec un chien non merle, et sur la tenue de registres de reproduction. Un guide en anglais consacré à la prévention du double merle détaille ces règles de sélection et les bases de données utilisées par les clubs de race.
Le dépistage ne se limite pas aux chiots visiblement blancs ou à ceux qui ont beaucoup de blanc. Un chiot merle bien pigmenté peut être sourd d’une oreille sans que rien ne le laisse deviner. De même, un chien merle cryptique, dont la robe paraît unie, peut transmettre la variante à sa descendance.
Le dépistage auditif BAER : comment ça se passe ?
Le test BAER, pour Brainstem Auditory Evoked Response, enregistre l’activité électrique du nerf auditif et du tronc cérébral en réponse à un clic sonore. Des électrodes sont posées sur la tête du chien, généralement sous légère sédation, et chaque oreille est testée séparément. Le résultat est binaire pour chaque oreille : réponse présente ou absente. On distingue ainsi le chien entendant des deux oreilles, le chien sourd d’une oreille, et le chien sourd des deux oreilles.
Le test se pratique couramment entre cinq et huit semaines, période où le chiot supporte bien la sédation et où le résultat est fiable. Un vétérinaire ou un centre spécialisé le réalise. Le compte rendu doit mentionner la date, l’identification du chien et le résultat par oreille. Un chiot sourd d’une oreille peut mener une vie normale, mais l’information change la façon de le socialiser et de le placer dans une famille.

L’examen oculaire : que recherche-t-il ?
L’examen oculaire chez le chien merle cherche des anomalies congénitales : microphtalmie, colobome, persistance de la membrane pupillaire, décollement de la rétine, sclère anormalement bleue. Ces anomalies sont plus fréquentes chez les chiens porteurs de deux copies de la variante merle. L’examen se fait par un vétérinaire ophtalmologiste, avec dilatation de la pupille et examen à la lampe à fente. Il peut être complété par un fond d’œil.
Comme pour l’audition, le résultat doit être écrit et daté. Un chien merle peut avoir une vision correcte et un examen normal ; l’objectif est de le vérifier, pas de le supposer. Pour un adoptant qui recueille un chien aux origines inconnues, ces deux examens restent la seule façon d’obtenir une information fiable sur l’audition et la vision.
Quels soins de mise bas pour une chienne merle ?
La mise bas d’une chienne merle ne diffère pas fondamentalement de celle d’une autre chienne, mais elle exige une attention particulière à chaque chiot. Préparez une caisse de mise bas propre, dans une pièce calme et à température stable. Surveillez le début du travail, la fréquence des contractions et l’expulsion des placentas. Chaque chiot doit être séché, stimulé, et placé au chaud rapidement. Pesez chaque chiot à la naissance et notez son poids.
Après la naissance, vérifiez que chaque chiot tète. Un chiot qui ne tète pas, qui reste à l’écart ou qui ne réagit pas aux bruits de la portée doit être signalé au vétérinaire. La nutrition de la chienne, en particulier pendant la lactation, doit être adaptée et suivie. L’objectif de ces soins est double : soutenir la mère et repérer tôt les chiots qui auront besoin d’un examen complémentaire.
Comment organiser le suivi après la naissance ?
Le suivi se planifie en plusieurs étapes. Avant la mise bas, rassemblez les documents des parents : résultats BAER, examen oculaire, identification. Pendant les premières semaines, pesez les chiots régulièrement et observez leur comportement. Entre cinq et huit semaines, faites réaliser le test BAER et l’examen oculaire des chiots destinés à la vente ou à l’adoption. Conservez les comptes rendus et transmettez-les aux nouveaux propriétaires.
Pour un chiot placé en refuge ou en famille d’accueil, ces examens peuvent être faits plus tard. Un chien sourd d’une oreille s’adapte bien, mais il faut prévenir la famille : ne pas le surprendre en dormant, utiliser des signaux visuels, sécuriser les espaces extérieurs. Un chien sourd des deux oreilles demande un apprentissage par signes et une vigilance accrue aux dangers de la rue. Un chien malvoyant a besoin d’un environnement stable, sans déplacement des meubles ni des gamelles.
Ce qu’il faut retenir avant d’acheter ou d’adopter
Demandez les résultats écrits du test BAER et de l’examen oculaire, datés et identifiés. Vérifiez que les deux parents ont été testés, et pas seulement la mère. Si le chien est issu d’un croisement merle vers merle, la prudence est de mise : le risque de double merle est alors réel. Pour un chien adulte aux origines inconnues, faites réaliser ces examens vous-même après l’adoption ; ils ne sont pas douloureux et apportent une information utile pour toute la vie du chien.
Le suivi sanitaire d’un chien merle n’est pas un luxe réservé à l’élevage. C’est un ensemble de gestes simples : tester l’audition, examiner les yeux, accompagner la mise bas, transmettre les documents. Ces gestes ne garantissent pas l’absence de problème, mais ils permettent de savoir à quoi s’en tenir et d’adapter les conditions de vie du chien.
Les méthodes de soin du chien regroupent des approches manuelles qui se pratiquent en complément du suivi vétérinaire. Le massage détend la musculature et aide à repérer les zones sensibles. L’acupression applique une pression sur des points précis, sans aiguille. Le Tellington TTouch utilise des mouvements circulaires et des parcours au sol pour améliorer l’équilibre et réduire les tensions. La physiothérapie, elle, s’adresse surtout aux chiens opérés, âgés ou en rééducation, avec des exercices adaptés à leur état. Pour situer ces pratiques et leurs indications, un guide éditorial français consacre une page à ces soins et thérapie du chien, avec des repères concrets et vérifiables.
Source : American Kennel Club
Cet article fournit une information générale et ne remplace pas l'avis d'un vétérinaire, d'un éducateur canin ou d'un professionnel du droit. Vérifiez toujours les obligations légales en vigueur au moment de votre démarche.